mardi 30 octobre 2012

Le jardin biologique du SDC

L'île de Negros, référence en matière d'agriculture biologique aux Philippines, offre tout le savoir-faire nécessaire pour transformer le jardin existant du SDC en un espace d'apprentissage et d'expérimentation biologique.

Dans le cadre d'un partenariat avec la coopérative des employés du capitol, CAPGEM, via l'équipe en charge du développement communautaire en son sein, nous avons pu soutenir l'initiative de l'équipe du SDC d'accéder à un jardin pouvant produire les légumes qui agrémenteront les assiettes des enfants du centre. L'agricultrice Edna Garde, du bureau provincial des agriculteurs, milite depuis plus de 15 ans pour faire connaître les bienfaits de l'agriculture biologique et transmettre ses conseils au plus grand nombre via une émission de radio locale. Cette dernière a accepté avec enthousiasme d'intervenir tous les jeudis au SDC, depuis le début du mois d'octobre: son rôle est d'éduquer et de sensibiliser les enfants à l'importance du jardinage pour subvenir à leurs besoins journaliers en nourriture, tout en protégeant l'environnement.

Les sujets suivants sont abordés progressivement avec les enfants du SDC:  l'enrichissement de la terre par le compost, la préparation des parcelles et des plateaux de semis, la mise en terre des graines, la transplantation des jeunes pousses dans les parcelles et l'entretien et le traitement des plants. Les jeunes participants mettent du coeur à l'ouvrage et ils ont maintenant pris l'habitude de s'occuper du jardin chaque jour en parallèle de leur séance hebdomadaire avec Edna. Les premiers résultats sont concrets et encourageants en ce début d'année! Grâce au climat chaud et humide qui rend la terre très fertile, les aubergines poussent à vue d'oeil à côté des citrouilles. Et les premières feuilles de choux chinois seront bientôt prêtes à être récoltées.

Cette première phase de formation va permettre aux enfants d'acquérir de réelles compétences en jardinage, ce qui leur permettra peut-être de s'insérer plus facilement dans le monde du travail à leur retour dans la communauté. Les Philippines comptent en effet encore plus de 30% d'agriculteurs. Edna souhaite maintenir son soutien au centre tout au long de l'année à venir, afin de transmettre aux enfants défavorisés de Bacolod son amour de la terre et de la nourriture saine. Le cuisinier du SDC et les enfants qui l'aident aux fourneaux ne chômeront pas en 2013!


lundi 1 octobre 2012

Journée des familles au SDC

La journée des familles ("family day"), dont la date avait été retenue depuis plusieurs semaines par la directrice du Social Development Center, Madame Gina, et toute l'équipe du SDC, a eu lieu ce samedi 22 septembre. Tout le monde s'était préparé en conséquence afin de permettre aux enfants de vivre au mieux cette journée de retrouvailles avec leurs familles et amis.
Les portes du SDC se sont donc ouvertes aux visiteurs dans une ambiance détendue et informelle. La précédente fête, organisée au mois de février, avait été couronnée de succès et avait permis d'accueillir une vingtaine de familles venues rendre visite à leurs enfants. Pour cette nouvelle célébration, nous avions bon espoir d'atteindre, sinon dépasser ce nombre. Ce sont finalement 26 familles, qui se sont présentées au SDC afin de profiter de cette journée au côtés de leurs enfants.
Les travailleurs sociaux du centre, Paolo et Jennifer, ainsi que Guia de l'équipe administrative, avaient pris soin d'informer les familles de l'organisation de cette journée lors des rencontres de suivi au sein du SDC, par téléphone, ainsi que lors des visites dans les communautés. L'équipe avait tenu à expliquer la démarche du centre et à souligner l'importance de cette fête pour les enfants.

Les volontaires de la paroisse de Lifegate ont participé à l'évènement dès le début des festivités à 9h du matin. La présence de l'ensemble de l'équipe d'encadrement ("house parents"), qui n'étaient pas tous d'astreinte ce jour-là, a souligné leur implication personnelle. La matinée a été ponctuée d'activités collectives, d'un superbe solo de guitare joué par l'un des jeunes du centre, et de danses chorégraphiées menées par un groupe de jeunes habitants de Bacolod, enthousiastes à l'idée de se déhancher sur l'air de la chanson du moment: “Gangnam Style”.
Pour le déjeuner, les enfants ont pu partagé avec leurs familles un repas constitué de spécialités des philippines: poulet et porc adobo, valenciana, bihon, afritada, et autres mets locaux.
En début d'après-midi, Madame Gina a présenté, avec les enfants et sous le regard attentif de leurs familles, les oeuvres des enfants réalisées au cours des séances de thérapie par l'art, animées par un artiste local, le pasteur Arthur Bayles. Ce dernier avait choisi d'inciter les enfants à illustrer par la bande dessinée un thème très personnel: “ma vie, mes rêves, ma famille”. Ce fut un moment chargé d'émotions pour certains d'entre-eux.
Suite au visionnage d'un film sur la relation parent-enfant, présenté par le pasteur de la paroisse de Lifegate, les familles ont participé à une séance de jeux collectifs, pour laquelle enfants et parents ont fait équipe. Les jeunes, dont les familles n'avaient pu se joindre aux festivités, ont été soutenus par les étudiants travailleurs sociaux de l'université UNO-R, Pea et Melbert, l'infirmière du centre, Phoebee, les house parents, les volontaires de Virlanie et de Peace Corps, les membres de la paroisse Lifegate, ainsi que toute l'équipe du SDC.
Un match de basket-ball a ensuite été organisé, suivi par la traditionnelle “merienda”, une collation qui marque chaque réunion et rassemblement important aux Philippines. Ce fut l'occasion d'entreprendre de mémorables séances photos, dont les enfants raffolent tous. Ils adorent en effet poser devant l'objectif dès qu'un appareil-photo est en vue!
La journée s'est poursuivie en chansons avec l'organisation d'un karaoké. Chaque enfant a pu choisir sa chanson préférée et l’interpréter avec ses camarades. Sérieux et concentration furent de rigueur pour cet exercice populaire et aucune moquerie ne se fit entendre.

A la nuit tombée, les familles ont quitté le centre et la fête a continué pendant quelques heures pour les enfants. Après un rapide dîner, les jeunes ont animé une "boum" et ont su recréer l'ambiance des discothèques avec des lampes de poche. Petits et grands ont partagé ces derniers instants de réjouissance en se laissant aller sur les rythmes endiablés de la musique, sous le regard maternel de Madame Gina et de son équipe.

La vie des enfants du SDC n'est certes pas facile. Cette belle journée a néanmoins permis d'oublier momentanément les difficultés traversées afin de profiter ensemble de moments privilégiés, dans la plus pure des insouciances.


L'art thérapie

Parfois peu incités à s'exprimer et proposer, mais aussi peu habitués à être mis en valeur, les enfants du SDC présentent un déficit de confiance en soi qui se manifeste souvent par la destruction et la violence. C'est d'ailleurs souvent la raison de leur présence au centre.

Après plusieurs mois d'évaluation et d'observation, nous avons remarqué leur besoin vital de s'exprimer, de dessiner, de peindre, de modeler ... de créer, tout simplement. En complément de l'éducation scolaire et la formation professionnelle, le développement individuel à travers l'expression artistique, entre autres activités, fait donc partie de notre programme de réhabilitation au SDC. Celui-ci se construit au fur et à mesure de l'aide proposée par certains membres de la communauté de Bacolod.

Depuis maintenant un mois, le pasteur Arthur Bailes, un artiste local actif rencontré dans sa galerie d'art visuel dans le centre de Bacolod grâce à Maggy Echaus, s'est proposé pour conduire des séances d'art thérapie aux enfants qui le souhaitent. Sans surprise l'activité est un succès avec près de 30 enfants présents chaque semaine et avides d'expression artistique.

Au cours des premières séances, le thème de la famille fut abordé à travers la bande-dessinée. Chaque enfants a pu apprendre à construire une histoire autour de sa vie, de ses rêves. L'objectif était de présenter les oeuvres aux parents présents au cours du “Family Day” de la fin du mois septembre. Chaque dessin sera également un support riche en enseignements pour les étudiants en psychologie de l'université qui vont dès novembre mettre en place leur programme de soutien psychologique aux enfants.

C'est maintenant le festival Masskara, le “festival des sourires”, sorte de carnaval créé il y a 40 ans alors que l'île de Negros dépendante de l'industrie sucrière traversait une situation économique difficile à cause des prix très bas du sucre,  qui a débuté ce lundi, et les enfants ont commencé un atelier de création de masque qui va s'étaler tout au long du festival.
Avec un enthousiasme débordant ils vont tout d'abord réaliser les moules de masques en argile qui vont être cuit au charbon de bois. Puis ils vont apprendre à faire du papier-mâché qui va servir à la réalisation des masques eux-mêmes, pour enfin les peindre de leurs couleurs préférées.

Ce sera pour eux l'occasion de faire aussi un peu partie de la fête alors que l'excitation grimpe doucement à Bacolod, que les rues se chargent chaque jour d'une foule de plus en plus dense, et que le manque des familles se fait réellement ressentir.

Après la réalisation de masques, ce sera au tour de la peinture au travers de laquelle les enfants seront amenés à s'exprimer, pour cette fois-ci redécorer leur cadre de vie, sans nul doute avec toujours autant d'envie et d'énergie.